SESSION 7 (Groupe D)

Sommaire

7. Une autre technique : l’acceptation

7.1 L’approche originale de l’acceptation

7.2 La régulation émotionnelle est contextuelle

Bibliographie

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7. Une autre technique : l’acceptation

7.1 L’approche originale de l’acceptation

L’acceptation est certainement la technique la moins intuitive par rapport à celles vues la semaine dernière (session 6). Elle consiste à développer activement notre capacité à recevoir toute émotion, sensation ou pensée, sans chercher à l’éviter, même dans le cas où celle-ci est douloureuse (Monestès & Villatte, 2011). En tant que démarche active, l’acceptation ne doit donc pas être confondue avec une forme de résignation (qui est une attitude passive). L’idée sous-jacente est qu’il est parfois contre-productif de chercher à réguler ses émotions simplement en les évitant.

Cette tentative d’évitement peut en effet vite devenir une activité envahissante, avec des répercussions sur des choses importantes de notre vie. La métaphore suivante résume assez bien ce concept :
« Vous avez certainement dans votre famille une vieille tante ou un cousin éloigné dont vous ne supportez pas le manières. Disons par exemple qu’il ou elle ne peut s’empêcher de faire des blagues ou des remarques désobligeantes, se croit tout permis chez les autres et gâche un peu toutes les réunions de famille auxquelles il ou elle est invité(e). Nous connaissons tous quelqu’un qui correspond plus ou moins à cette description. Appelons cette personne « Tatie Danielle ».

Imaginez que vous organisez un repas, à l’occasion de votre anniversaire par exemple. Vous pouvez décider de ne pas inviter Tatie Danielle, avec l’idée de vous assurer de passer un bon moment. Tous les invités sont là et quelqu’un sonne à la porte : c’est Tatie Danielle ! Deux choix se présentent à vous. Vous pouvez décider d’entrebâiller la porte de façon à ce que Tatie ne découvre pas cette fête dont elle a été évincée. Vous parvenez même à vous en débarrasser. Vous retournez voir les autres invités, mais la pensée que Tatie pourrait revenir ou regarder par la fenêtre vous taraude et va même jusqu’à vous empêcher d’être totalement dans la fête. Et voilà qu’effectivement elle sonne de nouveau à la porte et insiste cette fois pour entrer car elle a compris que vous organisez une réception. Si vous faites le choix de la maintenir à l’écart, vous allez devoir passer toute la fête devant la porte pour l’empêcher d’entrer. Vous allez vous priver de vous amuser avec les autres, en monopolisant toute votre énergie et votre temps à maintenir la porte close. L’autre solution consiste, dès que Tatie arrive, à lui ouvrir votre porte. Très probablement ses manières désobligeantes seront au rendez-vous et feront que la fête ne se passera pas exactement comme vous l’auriez voulu. Mais, après l’avoir laissée entrer, vous pourrez être tout entier à votre fête. Elle se déroulera moins bien que vous ne l’auriez souhaité, mais vous serez cette fois vraiment présent avec vos proches. Et n’est-ce pas le véritable objectif de cette réunion de famille ? » (Extrait du manuel de la thérapie d’acceptation et d’engagement de Monestès & Villatte, 2011, p. 51-52).

7.2 La régulation émotionnelle est contextuelle

Il n’y pas de régulation émotionnelle efficace sans prise en compte du contexte (Aldao, 2013 ; Aldao & Plate, 2018 ; Aldao & Nolen-Hoeksema, 2010). Autrement dit, aucune des techniques présentées ici ne peut prétendre fonctionner en toute situation.
Par ailleurs, un aspect important de la régulation des émotions réside dans l’évaluation de son effet à court terme et à long terme : en effet, une technique valide sur le court terme (par exemple, consommer de l’alcool pour diminuer l’angoisse) peut s’avérer délétère sur le long terme (provoquer une addiction et/ou un problème de santé).

Une fois que vous vous serez familiarisés avec les techniques présentées ici, nous vous proposons de consigner vos expériences de régulation des émotions dans un tableau similaire à celui ci- dessous. Vous pourrez ainsi constater par vous-même les contextes dans lesquels une technique particulière fonctionne (ou non) pour vous, et, tout aussi important, en noter les effets à court et à long terme (traduit et adapté de Aldao & Plate, 2018).

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Bibliographie

Aldao, A. (2013). The Future of Emotion Regulation Research : Capturing Context. Perspectives on Psychological Science, 8(2), 155-172. https://doi.org/10.1177/1745691612459518

Aldao, A., & Nolen-Hoeksema, S. (2010). Specificity of cognitive emotion regulation strategies : A transdiagnostic examination. Behaviour Research and Therapy, 48(10), 974-983. https:// doi.org/10.1016/J.BRAT.2010.06.002

Aldao, A., & Plate, A. J. (2018). Coping and Emotion Regulation. In S. C. Hayes & S. G. Hofmann (Éds.), Process-Based CBT: The Science and Core Clinical Competencies of Cognitive Behavioral Therapy (p. 261-271). Context Press.

Ekman, P. (1992). An argument for basic emotions. Cognition and Emotion, 6(3-4), 169-200. https://doi.org/10.1080/02699939208411068

Fairburn, C. G., Cooper, Z., & Shafran, R. (2003). Cognitive behaviour therapy for eating disorders : A « transdiagnostic » theory and treatment. Behaviour Research and Therapy, 41(5), 509-528. https://doi.org/10.1016/s0005-7967(02)00088-8

Granier, E., Augier, G., Civalieria, A., Durand, F., Masquin, A., Masquin, L., Sergent, N., & Vachette, P. (s. d.). PETIT GUIDE DE THERAPIE COGNITIVE ET COMPORTEMENTALE… A L’USAGE DES PATIENTS.

Mikolajczak, M., Quoidbach, J., Kotsou, I., & Nélis, D. (2009). Les compétences émotionnelles (M. Mikolajczak, Éd.).

Monestès, J.-L., & Villatte, M. (2011). La thérapie d’acceptation et d’engagement ACT. Elsevier Masson.

Philippot, P. (2011). Émotion et psychothérapie. Mardaga. https://www.cairn.info/emotion-et- psychotherapie–9782804700720.htm

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