SESSION 6 (Groupe M)

Bienvenue dans la 6ème session du programme StudentBodies !

Aujourd’hui, nous allons vous donner quelques conseils pour améliorer votre image corporelle. Essayez également de participer à la discussion de groupe et aux réunions du mardi soir à 20h30 ! Vous pouvez partager vos expériences et les changements que vous avez pu constater.

Vous faites un excellent travail, continuez comme ça !

Au cours de cette session, nous aborderons les sections suivantes :

  • Suivi de votre programme d’exercices
  • Reconnaitre le rassasiement
  • « L’habit ne fait pas le moine »
  • Faits et conséquences des troubles du comportement alimentaire
  • Traitement des troubles du comportement alimentaire
  • Comment aider un ami
  • Lecture de la session 6
  • Résumé de la session 6

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Suivi de votre programme d’exercices

Dans le cadre du programme, nous vous avons demandé de vous fixer des objectifs spécifiques en matière d’exercice physique. Il est important non seulement de se fixer des objectifs, mais aussi de vérifier les progrès réalisés pour atteindre ces objectifs.

Avez-vous atteint les objectifs que vous vous étiez fixés ?

Oui : Félicitations ! Vous êtes sur le point de mettre en place un programme d’exercices régulier et efficace qui peut améliorer non seulement votre santé, mais aussi votre image corporelle, votre niveau d’énergie et votre humeur. Maintenant que vous avez atteint votre objectif, prenez un moment pour le réévaluer. Était-il trop difficile ? Trop facile ? Réaliste et gérable ? Votre prochain objectif (ou série d’objectifs) doit s’appuyer sur le précédent en l’utilisant comme un indicateur pour déterminer la prochaine étape de votre programme. Par exemple, si vous avez marché un kilomètre la dernière fois et que c’était trop, pourquoi ne pas essayer de marcher 1/2 kilomètre cette fois-ci ? Ou, si vous avez fait du cardio 2 fois dans la semaine et que ce n’était pas suffisant, pourquoi ne pas essayer d’ajouter quelques activités différentes comme la marche, le jogging, le tennis ou la musculation ? Pour que vos objectifs restent efficaces, vous devez les réévaluer régulièrement et continuer à vous fixer de nouveaux objectifs.

Non : Ce n’est pas grave. Le sport est l’une des choses les plus difficiles à mettre en place et à intégrer, surtout pour les personnes qui ne l’ont jamais fait. Cependant, il est important de se rappeler que vous avez déjà franchi l’étape la plus difficile, à savoir commencer à penser au sport et à la façon dont il peut affecter votre santé et votre image corporelle. En commençant à y penser et en vous fixant des objectifs, vous avez déjà une longueur d’avance sur beaucoup d’autres personnes dans le processus de mise en place d’un programme d’exercices physiques régulier. Cette fois, pourquoi n’essayez-vous pas d’atteindre au moins une partie de votre objectif initial, ou peut-être même d’en fixer un nouveau qui soit plus facile à atteindre pour vous. N’oubliez pas que l’objectif que vous vous fixez doit être réalisable ; s’il est trop difficile, vous vous exposez à l’échec. Il peut s’agir simplement de prendre les escaliers plutôt que l’ascensceur, ou de laisser la télécommande près de la télévision de sorte que vous deviez vous lever pour changer de chaîne. Essayez simplement de vous fixer un objectif que vous pensez pouvoir atteindre !

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À vous de jouer ! : Actualisez vos objectifs d’activité physique

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Reconnaitre le rassasiement

Nous avons besoin de manger, mais en quelle quantité ? Il est souvent difficile de connaître la quantité de nourriture que notre corps réclame ou le moment où nous sommes rassasiés. Parfois, nous passons à coté de notre rassasiement et nous mangeons trop. Il n’existe pas de formule simple pour comprendre la faim et le rassasiement. Le processus implique une interaction complexe entre l’environnement, les aliments que vous mangez et votre corps.

Dans cette section, nous vous donnerons des suggestions pour identifier le moment où vous êtes rassasié et pour être à l’écoute de ce qui se passe dans votre corps lorsque vous mangez.

Vos réponses aux questions suivantes nous aideront à orienter nos suggestions.

À quelle fréquence continuez-vous à manger lorsque vous n’avez plus faim ?

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Jamais : C’est bon pour vous !  Vous avez probablement remarqué que vous êtes rassasié lorsque vous avez :

  • Une sensation de plénitude ou de contentement au niveau de l’estomac
  • Une diminution de l’intérêt pour le goût des aliments : vos papilles gustatives semblent moins « éveillées » qu’au début de votre repas.
  • Tendance à manger plus lentement

Souvent, lorsque les personnes sont distraites ou stressées, elles cessent de faire attention à leur corps et mangent trop. Si vous vous surprenez à trop manger, n’oubliez pas de prêter attention aux signaux de votre corps. Continuez à lire pour voir quelques exercices qui peuvent vous aider à reconnaître la sensation de rassasiement.

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Rarement :C’est bon pour vous !  Vous avez probablement remarqué que vous êtes rassasié lorsque vous avez  :

  • Une sensation de plénitude ou de contentement au niveau de l’estomac
  • Une diminution de l’intérêt pour le goût des aliments : vos papilles gustatives semblent moins « éveillées » qu’au début de votre repas.
  • Tendance à manger plus lentement

Souvent, lorsque les personnes sont distraites ou stressées, elles cessent de faire attention à leur corps et mangent trop. Si vous vous surprenez à trop manger, n’oubliez pas de prêter attention aux signaux de votre corps. Continuez à lire pour voir quelques exercices qui peuvent vous aider à reconnaître la sensation de rassasiement.

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Souvent :Vous n’êtes pas seul ! En général, de nombreuses personnes ont des difficultés à reconnaître le moment où elles sont rassasiées parce qu’elles ne sont pas assez attentives à ce qu’elles ressentent physiquement lorsqu’elles mangent. Reconnaître quand vous êtes rassasié semble facile, mais c’est en réalité assez complexe.

Les sensations suivantes sont des signes courants de rassasiement :

  • Une sensation de plénitude ou de contentement au niveau de l’estomac.
  • Diminution de l’intérêt pour le goût des aliments : vos papilles gustatives semblent moins « éveillées » que lorsque vous avez commencé à manger.
  • Tendance à manger plus lentement

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Écoutez les signaux de votre corps : c’est le plus important

La clé pour savoir quand vous êtes rassasié est d’écouter les signaux de votre corps. Lorsque votre estomac est plein, il n’émet plus de signaux de faim, tels que les gargouillements.  Pour savoir quand vous êtes rassasié, vous devez ralentir votre prise alimentaire et prêter attention à votre corps.

Lorsque vous en saurez plus sur votre appétit, n’oubliez pas que votre niveau de faim variera d’un jour à l’autre en fonction de la quantité d’énergie que vous dépensez. Comme vous ne pouvez pas vous fier uniquement à la taille des portions, vous devez compter sur votre corps pour vous dire quand vous êtes rassasié. Apprendre à reconnaître le rassissement prend du temps. Il est également important de savoir que votre corps a besoin de 20 minutes pour que votre cerveau reçoive les signaux de votre estomac et qu’il indique à votre corps que vous êtes rassasié. Pour cette raison, essayez de manger lentement. Si vous mangez à la hâte, vous risquez de manger davantage. Soyez patient et gardez à l’esprit qu’il est normal d’avoir faim quelques heures après avoir pris un repas « normal ».

Les expériences suivantes vous aideront à reprendre contact avec les signaux que votre corps vous envoie sur le rassasiement.

Puis-je faire confiance à mes yeux ?

Parfois, nous pensons que nous pouvons manger beaucoup plus que ce que nous pouvons réellement. Nous avons aussi tendance à vouloir finir notre assiette alors si nous nous sommes trop servi initialement, nous risquons de trop manger.

Essayez d’imaginer votre estomac comme un ballon. Vous savez que, parfois, vous pouvez manger jusqu’à ce que vous soyez rassasié (comme lorsque le ballon est rempli juste ce qu’il faut) mais parfois, vous pouvez manger jusqu’à ce que vous soyez trop rempli (comme si vous aviez trop gonflé le ballon).

Vous pouvez éviter d’avoir l’estomac trop plein si vous repérez certains signaux de faim.

Les signaux de la faim :

  • Gargouillis d’estomac
  • Sensation de faiblesse ou d’étourdissement
  • Heures de repas régulières, comme l’heure du déjeuner à midi.
  • Sensation de fatigue

Essayez de prêter attention à ces signaux et ne mangez que lorsque vous avez faim et mangez jusqu’au rassasiement, mais pas plus (idéalement).

Un autre moyen de vous aider à ne manger que lorsque vous avez faim est d’écouter les signaux de rassasiement.

Les signaux de rassasiement et de plénitude :

  • Indices physiques : l’estomac est plein, vous avez plus d’énergie.
  • Indices environnementaux : votre assiette est vide, les autres ont cessé de manger.

N’oubliez pas non plus qu’il est facile de confondre notre état émotionnel avec les signaux de faim (par exemple lorsque vous avez envie de manger alors que vous êtes anxieux, stressé ou que vous vous ennuyez). Dans ces cas-là, prenez un moment pour identifier vos émotions et voyez si d’autres activités peuvent vous aider à vous sentir mieux. Si vous avez envie de manger, prenez le temps de déguster et d’apprécier ce que vous êtes en train de manger.

Êtes-vous un mangeur rapide ?

Le corps émet des signaux chimiques de satiété lorsque nous commençons à manger, mais il faut 20 minutes pour que le cerveau reçoive ce signal et le renvoie au corps. En mangeant plus lentement, vous laissez le temps à votre corps d’entendre ces signaux. Les personnes qui mangent vite mangent souvent trop. Au cours de vos prochains repas, voyez si vous mangez plus vite que vos compagnons de table. Faites également attention à la vitesse à laquelle vous prenez vos bouchées. Essayez de ralentir et de faire une pause entre les bouchées. Vous pouvez même faire une pause de quelques minutes entre les plats. Observez si cela change la quantité de nourriture que vous mangez et le moment où vous reconnaissez les signaux de satiété et de rassasiement.

Nous avons parfois tendance à manger trop vite ou à manger par ennui ou par anxiété. Bien que ce soit difficile à faire, il est important d’essayer de ne pas manger lorsque vous n’avez pas faim (comme lorsque vous regardez la télévision ou que vous vous ennuyez), car cela peut vous conduire à trop manger.

Voici quelques techniques pour vous aider à éviter de trop manger, de manger trop vite ou de manger quand vous n’avez pas faim :

  • Distrayez-vous, attendez 10 minutes avant de vous resservir (le temps de digérer et de vous sentir rassasié).
  • Commencez par une plus petite portion
  • Buvez de l’eau pendant les repas.
  • Ne faites pas autre chose en mangeant (par exemple, regarder la télévision)

Parfois, le rythme auquel les personnes mangent est influencé par leur environnement ! Souvent, on mange en groupe ou au restaurant.

Manger avec des amis

Il peut arriver que vous vous sentiez mal à l’aise en mangeant en présence d’autres personnes, ou que vous ayez tendance à manger alors que vous n’avez pas faim. Prêtez attention à la façon dont vos habitudes alimentaires changent lorsque vous êtes accompagné ou seul et écoutez les signaux de votre corps qui vous indiquent si vous avez faim ou non. Réflechissiez à pourquoi vous pouvez vous sentir mal à l’aise ou quelles sont les émotions qui surgissent lorsque vous mangez en présence d’autres personnes. Racontez certaines de ces expériences dans la discussion de groupe.

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L’habit ne fait pas le moine

Le but de cet exercice n’est pas de vous apprendre la mode. Il s’agit plutôt de vous aider à identifier comment les vêtements que vous portez vous font vous sentir et de vous aider à choisir des vêtements et des styles qui maximisent les sentiments positifs à votre égard.

Suggestions

Vous constaterez peut-être qu’aucun des vêtements de votre garde-robe ne vous aide à vous sentir bien dans votre peau. Ne désespérez pas. Essayez de relooker certains des vêtements que vous avez déjà.

Procédure

1.         Choisissez 3 à 5 vêtements que vous avez dans votre garde-robe. Essayez de choisir des pièces qui vous vont différemment et qui mettent en valeur différentes parties de votre corps. Choisissez des vêtements, des chaussures et des bijoux qui représentent différentes humeurs pour vous.

2.         Portez chaque article individuellement et observez comment vous vous sentez et comment les autres réagissent à votre égard.

3.         Remarquez quels vêtements vous aident à vous sentir fort, confiant, sensuel, athlétique, triste, etc. Lorsque vous ne vous sentez pas bien dans votre corps, essayez de mettre un vêtement qui vous a aidé à vous sentir bien dans votre peau. Remarquez l’effet de ce changement de vêtements sur votre humeur.

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À vous de jouer ! : Qu’avez-vous pensé de cet exercice ?

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Faits et conséquences des troubles du comportement alimentaire

Les troubles du comportement alimentaire peuvent causer :

  • Aménorrhée (absence de menstruations)
  • Anxiété
  • Perte osseuse et musculaire
  • Arythmie cardiaque (battements de cœur irréguliers)
  • Déshydratation
  • Érosion dentaire
  • Dépression
  • Ruptures gastriques
  • Culpabilité
  • Hypothermie (température corporelle dangereusement basse)
  • Insomnie
  • Irritabilité
  • Perte de la libido
  • Confusion mentale
  • Cicatrices de l’œsophage dues aux vomissements
  • Mort

Faut-il en dire plus ?

La sous-nutrition et ses symptômes

Bon nombre des comportements que nous attribuons aux personnes souffrant de troubles du comportement alimentaire sont en fait le résultat d’une sous-nutrition grave. Malheureusement, de nombreuses personnes atteintes de troubles du comportement alimentaire perçoivent les symptômes de leur sous-alimimentation comme une preuve supplémentaire de leur incapacité, au lieu de réaliser qu’ils sont causés par une sous-alimentation.

La bonne nouvelle, c’est que les symptômes associés à la sous-nutrition disparaissent généralement peu de temps après que la personne a recommencé à manger normalement et obtenu les calories suffisantes.

Symptômes de la famine et de la sous-alimentation sévère :

  • Crises de boulimie
  • Dépression
  • Fatigue
  • Fringales
  • Irritabilité
  • Léthargie
  • Agitation
  • Alimentation ritualisée
  • Retrait social
  • Faible concentration
  • Préoccupation pour la nourriture

Effets de la sous-nutrition

La plupart des connaissances que nous avons sur les effets de la sous-nutrition proviennent des expériences menées par Ancel Keys à la fin des années 1940. Il a demandé à des volontaires de suivre un régime de sous-nutrition et a découvert que bon nombre d’entre eux :

  • Devenaient préoccupés par la nourriture
  • Avaient des pensées alimentaires qui interféraient avec leurs activités quotidiennes
  • Se gavaient et se sentaient ensuite coupables de se gaver, puis se purgeaient
  • Faisaient des crises de boulimie qui contenaient plus de calories que ce qu’ils auraient normalement mangé en une journée.
  • Rêvaient de nourriture
  • Mangeaient des combinaisons inhabituelles d’aliments.

Ses volontaires ont également ressenti :

  • De la colère
  • De l’anxiété
  • La dépression
  • Des troubles de la concentration et de la mémoire
  • La perte d’intérêt pour les activités
  • Des sauts d’humeur
  • Des troubles du sommeil
  • L’incapacité à prendre de bonnes décisions

Pendant des mois après la fin de la période de sous-nutrition, de nombreux sujets ont déclaré être préoccupés par la forme de leur corps et leur poids. À la fin de l’expérimentation, ils consommaient beaucoup plus de calories qu’avant la période de sous-nutrition.

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Traitement des troubles du comportement alimentaire

Étape 1 : Reprendre le contrôle

La première étape du traitement consiste à sortir du déni et à admettre l’existence d’un problème. Ce n’est qu’après avoir admis l’existence du problème que vous pourrez commencer à rétablir une relation « saine » avec la nourriture et à éliminer les crises de boulimie, les purges et l’exercice excessif.

Le rétablissement d’un trouble du comportement alimentaire implique :

  • La prise de repas réguliers
  • Prendre des collations « saines »
  • Bannir le concept d’aliments « interdits » en s’autorisant à manger à nouveau ces aliments.
  • Arrêter tout régime ou contrôle des calories

Étape 2 : L’image corporelle

La deuxième phase du traitement est conçue pour aider la personne à reconnaître le pouvoir qu’elle a donné à son corps en lui permettant de déterminer son comportement, ses sentiments et son estime de soi. Dans cette phase, la personne apprend à reprendre le contrôle de son image corporelle et à la séparer de son estime de soi globale. Le programme propose quelques suggestions utiles pour se forger une image corporelle positive. Vous pouvez revoir ces suggestions en revenant sur les anciens exercices. La majorité des personnes qui terminent ces deux premières phases parviennent à rompre les cercles vicieux des troubles du comportement alimentaire.

Étape 3 : Définition de soi

Dans la dernière étape du traitement d’un trouble du comportement alimentaire, la personne apprend à identifier les sentiments et les croyances sous-jacents qui ont contribué à ses préoccupations excessives en matière d’image corporelle. Au cours de ce processus, elle apprend à reconnaître et à satisfaire ses besoins émotionnels, ainsi qu’à développer un fort sentiment de soi.

Rechutes    

Il n’est pas rare qu’une personne fasse une rechute, c’est-à-dire qu’elle revienne à certains comportements alimentaires inadaptés, pendant le traitement. La rechute n’est pas propre aux troubles du comportement alimentaire, c’est une réaction normale lorsqu’on essaie de se défaire d’une habitude. Il est également important de reconnaître que les rechutes sont généralement temporaires et souvent déclenchées par des situations stressantes comme l’entrée à l’université ou le passage de l’université au monde du travail. Il est important de ne pas paniquer si une rechute se produit. Un faux pas n’est pas une rechute et la rechute ne signifie pas que les choses sont hors de contrôle et que tout est foutu.

Voici le témoignage d’une ancienne membre du programme :

« Quand je rechute, je me dis généralement que c’est un événement isolé et que je ne recommencerai jamais, mais parfois, quand je rechute, j’ai le sentiment que c’est bon d’être de retour et ce sont ces sentiments qui m’effraient maintenant…»

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L’histoire de Linda

« Pendant des mois, j’ai caché ma boulimie. J’allais rarement aux repas avec mes amis. J’avais presque tout le temps mal à la gorge à force de me faire vomir. Je ne faisais pas d’exercice parce qu’il était beaucoup plus facile de ne pas manger ou de vomir que d’aller à la salle de sport et de devoir voir mon corps dans TOUS ces miroirs. Mes sauts d’humeur étaient incroyables ; par moments, je me surprenais à détester tous mes amis. Le pire a été lorsque deux de mes amies les plus proches m’ont confronté. Pendant tout ce temps, je pensais que j’avais été très prudente, pour ne laisser personne savoir que j’avais un trouble du comportement alimentaire. Je me glissais dans la salle de bains après avoir mangé et si quelqu’un entrait avant que j’ai fini de vomir, j’allais ailleurs et je me faisais vomir jusqu’à ce que je pense avoir vomi tout ce que j’avais mangé et que toutes les graisses et les calories soient sorties de mon corps. J’ai caché mon secret à tout le monde, même à moi-même. J’avais pris l’habitude d’aller à la bibliothèque où personne ne pouvait me trouver. Mais, un soir, alors que je revenais de la bibliothèque, mes amies étaient assises dans ma chambre et elles sont devenues silencieuses dès que j’ai ouvert la porte. J’étais très énervée parce que je voyais bien qu’elles avaient parlé de quelque chose et je craignais qu’elles parlent de moi derrière mon dos. Dès qu’elles ont dit « nous pensons que tu es boulimique et nous voulons t’aider », j’ai senti mon visage devenir rouge. J’étais remplie de colère et de gêne. J’étais au bord des larmes. Ce n’était pas leurs affaires… M’avaient-elles espionné ? Je ne pouvais pas le croire et j’ai dû partir. J’ai été surprise qu’elles ne me suivent pas. Même si j’étais complètement abasourdie et accablée, je savais au fond de moi que je devais faire face à ce qu’elles venaient de me dire. Je ne savais pas quoi faire : nier ? Ne plus jamais leur parler ? Les envoyer promener et plaisanter ? Leur dire qu’elles étaient folles ? Leur dire qu’elles avaient dépassé les bornes ? Ou devrais-je faire ce que je voulais faire plus que tout : leur dire à quel point tout était horrible et à quel point j’étais devenue malade. Tout cela s’accumulait en moi depuis si longtemps, et j’avais enfin l’occasion de le faire sortir, mais je me sentais paralysée et confuse. Je suis restée assise là un moment à réfléchir, puis j’ai fait le chemin retour. Elles étaient toujours là. Je suis entrée et j’ai commencé à pleurer, puis tout est sorti. Ce n’était pas facile. Certaines de leurs questions m’ont vraiment offensé et je sais que je me suis emportée contre elles plusieurs fois. Mon esprit n’arrêtait pas de faire des allers-retours entre « est-ce que je les déteste ? »  et « sont-elles vraiment mes meilleures amies ? ». J’avais peur qu’elles me m’aiment plus, comme si j’étais une psychopathe, une personne dérangée avec laquelle elles ne voulaient plus être amie. Mais elles ont accepté. Nous avons décidé que j’irais au centre de santé étudiant pour parler à quelqu’un. Le jour où j’ai pris rendez-vous, mon coeur battait la chamade, mais je l’ai fait. J’ai eu le courage d’appeler. Maintenant, il fallait que je trouve le courage d’y aller et de rencontrer la psychologue. Gênée, mal à l’aise, soulagée ; tout ce que vous voulez, je l’ai ressenti. En commençant à résoudre mes problèmes avec la psychologue, j’ai commencé à retrouver la personne que j’étais avant que la boulimie ne prenne le dessus. Avec du recul, je sais combien j’ai eu de la chance que mes amies aient eu le courage de me confronter. Je peux honnêtement dire que je suis heureuse qu’elles m’aient parlé et je leur en serai éternellement reconnaissante. »

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L’histoire de Zoé

« J’ai toujours été plutôt mince en raison de mes petits os et de mon métabolisme élevé. Mon apparence ne m’a jamais vraiment dérangé jusqu’au jour où mes habitudes alimentaires, ou plutôt la façon dont les personnes les percevaient, m’ont été jetées au visage. Je me souviens très bien de cette rencontre. Après avoir entendu mon nom appelé par mon professeur, on m’a remis la fiche d’appel qui me dirigeait vers le bureau de la psychologue scolaire. Le psychologue scolaire m’a harcelé de questions sur la nourriture, mes habitudes alimentaires et mon poids. J’étais étonnée et perplexe à l’idée de manquer des cours pour cette conversation stupide sur l’apport calorique. Finalement, je lui ai demandé exactement pourquoi elle voulait me voir. Elle s’est lancée dans une longue explication de la rencontre avec mes parents et mes professeurs et a dit qu’ils s’inquiétaient pour moi. Je n’arrivais pas à comprendre ce que j’avais fait pour susciter de telles inquiétudes. Elle m’a donné l’impression que, quoi que ce soit, c’était grave. Je me souviendrai toujours de la sensation d’effondrement que j’ai eue lorsqu’elle m’a dit que tout le monde croyait que j’avais un trouble du comportement alimentaire. Je me suis sentie violée et j’étais déçue que les personnes discutent et accumulent des preuves pour me confronter. Je me sentais très seule. Jusqu’à ce jour, je maintiens toujours que je n’avais pas de trouble alimentaire. Il a fallu beaucoup de temps à mes parent, à mes professeurs et à mes amis pour comprendre que ce n’est pas grave si je ne mange pas tout ce qu’il y a dans mon assiette et que ce n’est pas grave si je vais courir. Je ne m’inquiète pas de mon poids et je ne pense pas être trop grosse. Mon corps fait simplement ce qu’il fait ».

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Lecture

Dans tous les domaines, de la publicité aux films de Disney, les hommes et les femmes sont présentés avec une image corporelle idéale, beaucoup plus minces que le corps d’une personne lambda. Mais, comme ces images sont présentées fréquemment, elles deviennent des standards. De ce fait, il est facile de développer l’idée fausse que ce que nous voyons est normal.

Dans son livre intitulé Afraid to Eat : Children and Teens in Weight Crisis, Frances Berg traite de la mauvaise représentation du corps dans les médias.

Selon l’auteure, le type de corps idéal se situe aujourd’hui aux 5 % les plus minces d’une répartition normale du poids. Cela exclut 95 % des individus. Une déviation statistique est devenue la norme, et des millions de personnes pensent qu’elles sont anormales ou « trop grosses ».

Les pressions croissantes en faveur de la minceur et leur reflet dans les images culturelles sont illustrées de manière frappante par l’élection Miss France où seules des jeunes femmes de plus de 1m70, avec des mensurations bien particulières sont sélectionnées. Le concours a d’ailleurs récemment été attaqué en justice par l’association ”Osez le féminisme” qui indique que ces critères correspondent à de la discrimination.

Ces femmes « icônes culturelles » sont devenues plus minces chaque année. Aujourd’hui, la candidate type pèse de 13 à 19 % de moins que le poids attendu pour sa taille et son age. Le critère clinique de l’anorexie mentale est de 15 % en dessous du poids attendu.  Même les livres ou les films pour les enfants reflètent et répètent l’obsession occidentale de la minceur.

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Berg, Frances M. Afraid to Eat : Children and Teens in Weight Crisis. Hettinger, ND : Healthy Weight

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Imaginez que l’idéal pour d’autres traits physiques soit représenté à 5 % de la distribution normale. Par exemple, que se passerait-il si les personnes sur les réseaux sociaux avaient un nez plus grand que 95 % de la population ou un menton plus pointu ? Dans la plupart des cas, c’est la norme qui est considérée comme la plus désirable. Pourquoi n’en est-il pas de même pour le poids ? Si vous étiez responsable de la modération d’un réseau social, imposeriez-vous des normes aux personnes qui souhaitent poster une photo ou une vidéo ? Si oui, lesquelles et si non, pourquoi ? Quel contenu censureriez-vous ?

Avez-vous des idées sur la manière d’inverser la tendance de l’image de la femme et de l’homme sur les réseaux sociaux ?

Qu’en pensez-vous ?

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À vous de jouer ! : Répondez à ces questions dans votre journal personnel !

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Vous venez de terminer la session 6 ! Félicitations 🎉

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Dites-nous ce que vous avez pensé de la session en commentaires !

2 réflexions au sujet de « SESSION 6 (Groupe M) »

  1. Encore une session intéressante (surtout la partie sur les conseils afin de mieux reconnaitre le rassasiement). Je crois que de façon globale la partie me touchant le moins dans les sessions reste toujours celle sur les troubles du comportements alimentaires car je me soins moins concernée.

    Cette session m’a également questionnée sur deux choses :
    -il est conseillé de boire de l’eau durant le repas, néanmoins, j’ai l’impression que les informations se contredisent parfois concernant l’eau avant ou après le repas
    -sur la partie sur les TCA j’ai l’impression de souvent (voir systématiquement) lire des histoires et témoignages de femmes, je me demande si il ne serait pas pertinent d’avoir celui d’un homme également de temps en temps.

  2. Je suis contente de lire à propos de la sensation de rassasiement et de satiété ! Personnellement, je ne pense pas avoir de mal à reconnaître quand j’ai faim et que mon estomac me le fait sentir. En revanche, lorsque je suis repue, je ne m’arrête pas forcément de manger pour autant. Parfois c’est dans des situations exceptionnelles comme un restaurant, un anniversaire, ou les fêtes. Mais parfois, durant les repas du quotidien, je sens que je mange une quantité qui est un peu supérieure à celle qui suffirait pour être rassasiée. Je pense que c’est parce que la quantité dans mon assiette est telle qu’elle est, et je la finis tout simplement. Mais s’il y avait eu quelques portions en moins, je me serais sentie repue également.
    Après l’exercice de la garde robe, et même avant, j’ai bien remarqué qu’il y avait des vêtements que je portais plus fièrement que d’autres. En général ce sont ceux sur lesquels j’ai déjà reçu plusieurs compliments.
    L’image des hommes et femmes sur les réseaux sociaux est un sujet délicat que nous avons déjà évoqué au cours des séances précédentes. Je pense qu’il est très difficile de changer l’opinion publique (Miss France) sur les critères physiques, qui sont très ancrés dans nos moeurs. Peut être qu’une première solution serait de ne pas « follow » ces comptes qui postent des photos très avantageuses qui peuvent en plus avoir été retouchées. Quant à un contrôle sur les traits physiques, je pense malheureusement que c’est difficile à mettre en place, et que ça priverait la liberté d’expression de certains.
    Merci pour cette séance !!

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