SESSION 4 (Groupe D)

Sommaire

4. Les pensées

4.1 Questionner ses pensées, tester leur réalité

4.2. Recherche de pensées alternatives (plus réalistes – plus positives)

4.3 Quand la dénutrition s’en mêle…

4.4 L’auto observation des évènements et/ou émotions déclencheurs de pensées automatiques : idée du carnet d’observation.

Bibliographie

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4. Les pensées

4.1 Questionner ses pensées, tester leur réalité

La semaine dernière, nous vous avons demandé de travailler sur l’identification de vos pensées. Une fois identifiées, il est important de réfléchir et d’essayer de comprendre la part d’erreur dans votre façon de voir ou de vivre les choses. Autrement dit, il convient de vous questionner : est-ce que cette pensée est la plus adaptée, n’y a-t-il pas une autre façon de voir les choses ? Est-elle vraiment la seule réponse possible ? Est-elle en adéquation avec la situation ? Le comportement qui en découle m’a-t-il apporté de la satisfaction ? ou au contraire a-t-il été suivi de regrets et a conforté mes pensées ?

Pour reprendre l’exemple du chocolat de la semaine passée, ne peut-on pas penser que manger du chocolat est un plaisir, ou encore qu’il est bon pour la santé car riche en magnésium.

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4.2 Recherche de pensées alternatives (plus réalistes – plus positives)

Afin de modifier vos pensées, il va falloir essayer de réfléchir à des pensées alternatives, plus nuancées, plus conformes à la réalité et qui permettront de modifier vos émotions et vos comportements.
Tout comme le repérage des pensées automatiques, cela demande un peu de temps, mais avec l’expérience, cela deviendra presque une habitude. Il convient d’essayer chaque fois que vous vous surprenez à avoir une pensée automatique négative ou à réagir très négativement (ex : je suis complètement nul.le, inutile, horrible…), de réfléchir à quels arguments et/ou preuves vous pouvez trouver qui contredisent cette réaction instantanée. Vous pourrez sûrement en trouver et ainsi envisager des façons différentes de penser. Par exemple, après ne pas avoir résisté devant tablette de chocolat, au lieu de culpabiliser et de penser que vous êtes bon.ne à rien, vous pouvez aussi relativiser et vous dire que ce n’est pas la fin du monde ou que cela arrive à tout le monde.

EXERCICE : les colonnes de Beck :

Une manière simple de pratiquer l’ensemble des étapes que nous vous avons décrites plus haut (et qui forme ce que l’on nomme dans les thérapies comportementales et cognitives, la restructuration cognitive) consiste à remplir un tableau à colonnes comme celui-ci (Les colonnes de Beck, reprises de Garnier et al. 1992).

SituationÉmotion(s)Pensée(s)Pensée(s) alternative(s)
Ex : manger du chocolatDévalorisationJe vais grossirLe chocolat est bon pour ma santé

Nous reprendrons, en le déclinant, cet exercice dans le chapitre consacré à la régulation des émotions.

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4.3 Quand la dénutrition s’en mêle…

Toutefois, il est des situations où ces exercices seront trop difficiles. Il s’agit de situations consécutives à des périodes de restriction alimentaire trop importantes au point d’avoir atteint un poids trop bas. En effet, ce poids trop bas va avoir pour conséquence d’altérer davantage la perception et aussi le raisonnement. Dans ces circonstances, les personnes ressentent certainement des difficultés de concentration, une attention perturbée et auront sans doute plus de peine à mémoriser certaines informations. Par ailleurs, cela peut renforcer les éventuelles réactions anxieuses et dépressives. Or, cet état est accentué par la dénutrition, ce qui peut malheureusement être un piège.

A l’inverse, une renutrition entraîne un mieux être psychique et psychologique, même après une reprise de quelques kilos à peine : une plus grande force musculaire, une meilleure concentration, un meilleur sommeil, un meilleur moral, une moindre indécision, moins d’anxiété.

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4.4 Conclusion : une pensée n’est pas un fait

Ce que nous pourrions retenir, et qui va bien au-delà des problèmes de comportement alimentaires, c’est que, in fine, une pensée n’est pas un fait (Segal et al. 2016). Nos croyances, qui forment en quelque sorte le prisme par lequel nous voyons et interprétons ce qui se passe dans notre vie, mais également notre état symptomatologique, peuvent avoir une influence considérable sur comment nous percevons et pensons les événements et les situations, et ce de manière parfois quasi-inconsciente. C’est seulement en questionnant nos cognitions et en les confrontant à la réalité que nous pouvons en prendre conscience, afin d’adopter des comportements plus adaptés à la réalité et à comment nous souhaitons orienter réellement notre vie.

En résumé, il faut se méfier de nos croyances qui peuvent ne pas être conforme à la réalité. Ce sont des biais qui sont souvent à l’origine de pensées automatiques suivies d’émotions le plus souvent désagréables. Ces pensées peuvent déclencher des réactions ou des comportements ayant des conséquences néfastes pour notre santé. Il s’agit d’en prendre conscience, de repérer et d’observer dans quelles circonstances elles surviennent.

Bibliographie

Granier, E., Augier, G., Civalieria, A., Durand, F., Masquin, A., Masquin, L., Sergent, N., & Vachette, P. (s. d.). PETIT GUIDE DE THERAPIE COGNITIVE ET COMPORTEMENTALE… A L’USAGE DES PATIENTS.

Segal, Z. V., Williams, J. M. G., & Teasdale, J. D. (2016). La thérapie cognitive basée sur la pleine conscience pour la dépression : Prévenir la rechute. De Boek.

Goldman, S. (2005). La croyance : aux confins mystérieux de la cognition. Cahiers de psychologie clinique, 2(2), 87-109. https://doi.org/10.3917/cpc.025.0087

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