SESSION 2 (Groupe M)

Vous avez fait un pas de plus vers une image corporelle plus positive !

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Maintenant, c’est le moment de passer à l’action ! Cette session se concentre sur :

  • Les images « culturelles » de la beauté
  • Changez la façon dont vous vous sentez par rapport à votre corps
  • En savoir plus sur l’utilisation du journal personnel
  • Faire une lettre à votre corps
  • Les troubles du comportement alimentaire : Êtes-vous à risque ?
  • Qu’est-ce qu’un trouble du comportement alimentaire ?
  • Lecture de la session 2
  • Résumé de la session 2

Ne vous inquiétez pas si vous vous sentez plus conscient ou consciente de votre corps ou plus critique à son égard depuis que vous avez commencé le programme. La première étape pour changer quelque chose est d’y prêter plus d’attention. Il est donc normal que vous pensiez davantage à votre image corporelle. Nous savons que cela peut être déstabilisant, mais ces sentiments disparaîtront au fur et à mesure que vous comprendrez la façon dont vous vous sentez par rapport à votre corps.

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Images culturelles de la beauté

Examinons certains des messages véhiculés par les réseaux sociaux et par la société à propos de notre corps.

Les photos qui suivent proviennent du compte Instagram @danaemercer

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Les personnes que vous voyez dépeintes sur les réseaux sociaux ressemblent-elles aux personnes que vous connaissez ? Probablement pas. Lorsque des chercheurs se sont penchés sur le poids des mannequins, ils ont constaté qu’un mannequin ne pesait qu’en moyenne que 85 % du poids attendu pour sa taille. Ce poids est dangereusement bas pour la plupart des personnes. Le problème est que la norme de beauté a évolué dans la culture occidentale au cours des 30 dernières années. Elle est devenue anormalement mince et « malsaine » et nous sommes maintenant « censés » la respecter !

Les premiers messages

Nous avons commencé à apprendre que la minceur et la beauté étaient synonymes de bonheur lorsque nous étions petits. Pensez au genre de jouets avec lesquels vous jouiez lorsque vous étiez petit ou petite ou à l’apparence de la plupart des poupées vendues aux enfants.

Voici les premières influences de Lucie :

« Une année, j’ai eu une poupée Barbie. J’étais tellement heureuse quand j’ai eu cette poupée Barbie, parce que vous savez, le rêve de toute petite fille est de ressembler à Barbie.  Je me souviens que je l’ai sortie de l’emballage et que j’ai pris ses vêtements pour les lui mettre. Toutes les petites filles regardent leur poupée nue. J’ai vu la poitrine de Barbie. Sa poitrine était si généreuse et sa taille si fine, et ses jambes étaient immensément longues. Je pensais que c’était la plus belle poupée du monde et je me souviens avoir regardé Barbie dans le miroir et m’être dit : Quand je serai grande, je veux ressembler à Barbie. »

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 Les réseaux sociaux

Que pouvons-nous apprendre en examinant les messages que nous recevons des réseaux sociaux ?

  • Notre société a conféré un pouvoir magique au corps des personnes. Nous apprenons que si notre corps est parfait, nous serons heureux et qu’inversement, si notre corps est imparfait (c’est-à-dire normal), nous ne devrions pas être heureux.
  • Nous avons une vision déformée de ce à quoi ressemblent réellement le corps des hommes et des femmes.
  • On nous a appris à considérer notre corps comme l’instrument par lequel nous recevons le statut social, le pouvoir, l’amour, l’approbation et l’estime de soi.
  • La norme de beauté actuelle est irréaliste, inaccessible et insoutenable. Moins de 4 % des hommes et des femmes ont un corps qui ressemblent à celles dépeintes par les réseaux sociaux.

Pouvez-vous penser à des exemples de ces messages précoces dans votre vie ? Y avait-il des personnes sur les réseaux sociaux, des acteurs/actrices ou des modèles auxquels vous vouliez ou voulez ressembler ?

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À vous de jouer ! : Écrivez vos impressions dans votre journal personnel

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Changer vos sentiments à l’égard de votre corps

Les personnes décrivent souvent leurs sentiments à l’égard d’elles-mêmes et de leur vie en fonction de leurs sentiments à l’égard de leur corps. Avez-vous déjà dit, ou entendu un ou une ami/amie dire, « Je me sens gros/grosse », ou « Je serais plus heureux/heureuse si je perdais 5 kg ».

De nombreuses situations, pensées et sentiments différents peuvent déclencher ces sentiments positifs ou négatifs à l’égard de notre corps. Ces déclencheurs peuvent être évidents et directs (par exemple, le port d’un maillot de bain) ou subtils et indirects (une dispute avec un ami).

Vous en apprendrez davantage sur les pensées ou les événements qui peuvent vous amener à vous sentir bien ou mal dans votre corps. Les déclencheurs de type pensée ou émotion négative sont ceux dont les personnes se plaignent le plus. Les deux déclencheurs sur lesquels nous allons nous concentrer dans cette section sont les « déclencheurs indirects » et les « déclencheurs directs ».

Les déclencheurs indirects

Les déclencheurs indirects se produisent lorsque, sans raison apparente, vous vous sentez soudainement mal à l’aise avec votre corps. Contrairement aux déclencheurs directs, les déclencheurs indirects n’ont pas de relation évidente avec le poids ou le corps. L’un des processus « censés » influencer les déclencheurs indirects est le « déplacement ».

Qu’est ce que le « déplacement » ?

Le déplacement se produit lorsque nous déplaçons inconsciemment nos sentiments d’un aspect de nous-mêmes vers un autre. Le déplacement est l’une des façons dont nous faisons face aux situations stressantes. Dans de nombreux cas, nous déplaçons nos sentiments négatifs sur notre corps. Cela s’explique par le fait que nous avons l’impression de pouvoir contrôler l’apparence de notre corps. Le problème est que lorsque nous déplaçons nos sentiments, nous ne traitons pas la source originale de notre détresse et de notre douleur.

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L’expérience de Nicolas en matière de déplacement : « J’ai complètement raté mon partiel de chimie ce matin. Je n’arriverai jamais à entrer en école de médecine. J’aurais aimé étudier davantage. J’aurais aimé être aussi intelligent que mes camarades. J’aimerais vraiment être plus mince et plus musclé. Si je perdais quelques kilos et que je faisais un peu plus de sport, ma vie serait tellement plus facile. Peut-être qu’alors j’étudierais plus ». 

Nicolas évite son angoisse (déplacement). Il s’est senti mal à cause de sa performance à l’examen et a déplacé ses sentiments sur son corps. Nicolas a alors cru que changer son corps améliorerait ses résultats scolaires. Le déplacement n’est pas un processus dont il a conscience. Il se produit spontanément et inconsciemment pour l’aider à faire face à cette période stressante.

Pouvez-vous penser à des exemples de déplacement dans votre vie ? Prenez un moment pour y réfléchir.

Il peut être difficile de déterminer si vous déplacez vos sentiments, car le processus de déplacement est inconscient. Parfois, il faut réfléchir à des expériences passées pour avoir un modèle.

Qu’est ce que l’amorçage ?

Le deuxième processus qui influence les déclencheurs indirects s’appelle l’amorçage, c’est-à-dire des associations mentales qui relient des pensées ou des sentiments spécifiques.

On peut imaginer que nos souvenirs fonctionnent comme des systèmes de classement élaborés. En fonction de la signification des informations à classer, nous les rangeons dans des catégories distinctes. Cela se fait de la même manière que vous pouvez classer vos papiers personnels séparément des papiers professionnels.

Les pensées et les événements ayant une signification émotionnelle similaire sont stockés les uns à côté des autres dans le système de classement de notre mémoire.

Nous allons nous concentrer sur 5 émotions :

  • La tristesse
  • La déception
  • La colère
  • L’excitation
  • La fierté

À l’intérieur du fichier de la tristesse se trouvent les souvenirs où : mon chat est mort ; j’ai rompu avec mon petit ami ; mon amie est partie vivre à l’étranger.

À l’intérieur du fichier de la déception se trouvent les souvenirs où : je n’ai pas pu intégrer l’école que je voulais ; le Covid m’a empêché de partir en vacances ; le concert de Céline Dion a été annulé pour la seconde fois

À l’intérieur du ficher de la colère se trouvent les souvenirs où : on m’a volé mon porte-monnaie ; on s’est moqué de moi ; j’ai cassé mon téléphone

À l’intérieur du ficher de la joie se trouvent les souvenirs où : j’ai revu une amie d’enfance ; je suis partie en week-end à la mer ; on m’a offert un bouquet de fleurs

À l’intérieur du ficher de l’excitation se trouvent les souvenirs où : j’ai fais un saut en parachute ; j’ai fais mon premier jour à l’université ; j’ai conduit toute seule après l’obtention de mon permis de conduire

À l’intérieur du fichier de la fierté se trouvent les souvenirs où : j’ai obtenu une bonne note à un examen ; un professeur m’a fait des compliments sur mon travail ; j’ai gagné un concours d’éloquence

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L’expérience d’Anne en matière d’amorçage : « Je me suis ridiculisée en classe aujourd’hui. J’ai répondu à une question et ma réponse était totalement fausse. J’étais tellement embarrassée que je suis rentrée directement chez moi après le cours et j’ai immédiatement commencé à me sentir mal dans mon corps. Je me sens grosse et moche ».

Aujourd’hui, lorsque quelqu’un consulte son fichier de souvenirs, il va probablement mélanger les souvenirs qui se trouvent dans le même « tiroir ». C’est-à-dire que si l’on se souvient d’un souvenir spécifique, les souvenirs voisins seront « mélangés » et viendront à l’esprit. Cela explique pourquoi, lorsqu’Anne se sent particulièrement triste (comme ce fut le cas lorsque son chien est mort), elle peut se souvenir spontanément d’autres moments tristes de sa vie (comme la rupture avec son petit ami).

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Les déclencheurs directs

Nous allons maintenant expliquer les déclencheurs directs, qui peuvent être n’importe quelle situation, pensée ou sensation qui vous amène à vous sentir bien ou mal dans votre corps. 

L’histoire d’Anne sur les déclencheurs directs : « Chaque fois que je vais à une soirée, je finis toujours par me sentir très consciente de mon corps. Avant la soirée, lorsque mes amies et moi nous habillons et nous maquillons, je finis généralement par me comparer à elle.  Je trouve toujours qu’elles ont l’air plus minces et plus belles que moi. Et quand on est à la soirée, j’imagine qu’elles attirent toute l’attention. À la fin de la soirée, je finis par me sentir moche et grosse. »

Un déclencheur direct de la sensation « se sentir gros ou grosse » est une situation, une pensée ou un sentiment qui vous amène à vous sentir mal dans votre corps. Par exemple, le fait de se voir dans un miroir ou de se comparer à d’autres personnes peut servir de déclencheur.

Déclencheurs directs dans votre vie

Pensez aux déclencheurs directs dans votre vie. Vous pouvez les afficher dans le groupe de discussion ou les écrire dans votre journal personnel. Avec la pratique, il devient plus facile d’identifier les déclencheurs directs. Examinons quelques autres exemples de déclencheurs directs :

La soirée

Lorsqu’Anne est arrivée à la soirée, elle se sentait heureuse et à l’aise. Il y avait une table de buffet au centre de la pièce et, n’ayant pas mangé avant de venir, elle a décidé de prendre une assiette et de manger un peu (notamment des aliments qu’elle se permettait rarement). Elle a remarqué que très peu de personnes étaient en train de manger. Elle s’est soudainement sentie grosse et mal à l’aise.

L’un ou l’autre des éléments suivants aurait pu être l’élément déclencheur de cette sensation chez Anne. Lisez pour voir comment Anne pourrait adopter une perspective plus adaptée.

1. Déclencheur : Manger des aliments qui lui semblaient interdits

Une perspective plus adaptée 1 : « Est-ce si mal de manger des aliments que j’évite habituellement ?  J’ai besoin d’aller à l’essentiel. Ce qui m’inquiète vraiment, c’est de prendre du poids, et manger quelques uns de ces aliments lors d’une soirée n’entraînera pas une prise de poids. »

2. Déclencheur : Le fait d’être l’une des rares personnes à manger à ce moment-là.

Une perspective plus adaptée 2 : « Ce n’est pas parce que personne d’autre ne mange qu’il y a quelque chose qui ne va pas chez moi. J’ai simplement faim parce que je n’ai pas dîné. La réalité est que toute personne qui n’a pas mangé avant le début de l’après-midi serait affamée à cette heure. J’ai besoin de réaliser que ma faim est naturelle et normale. »

3. Déclencheur : S’inquiéter que les personnes puissent penser qu’elle est grosse à cause de ce qu’elle mange.

Une perspective plus adaptée 3 : « Je viens d’arriver à la fête, mais ça fait déjà une heure et demie qu’elle a commencé. Comment puis-je savoir ce que les autres ont mangé ? Peut-être que certains ont mangé quelque chose en arrivant, comme moi. »

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En savoir plus sur le journal personnel

Vous vous souvenez probablement de moments, au cours des semaines passées, où les déclencheurs directs ou indirects vous ont fait vous sentir bien ou mal dans votre corps. Ces sentiments ou ces pensées viennent généralement automatiquement, comme une petite voix dans votre tête. Cette voix peut parfois être affirmative ou rassurante, mais elle peut aussi être critique et vous faire vous sentir mal. Pour se sentir bien dans son corps et dans sa peau, il est important d’encourager la voix positive et de répondre efficacement à la voix négative, trop critique.

Aujourd’hui, vous pouvez continuer à utiliser un journal personnel pour vous aider à comprendre vos pensées et vos sentiments liés à votre corps afin de savoir comment les modifier ! Utilisez ce journal pour noter les pensées négatives et positives concernant votre corps. Les personnes trouvent particulièrement utile de le faire une fois par jour.

Dans votre journal, veillez à :

  • Notez les sentiments dès qu’ils surviennent, ou fixez un moment régulier pour les noter (ex : prennez 5 minutes tous les soirs avant d’aller vous coucher).
  • Réfléchissez à ce qui a déclenché ces sentiments en premier lieu.

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Vos écrits doivent inclure les informations suivantes :

  • Date/heure
  • Le lieu
  • Déclencheurs (conflit avec les autres, comparaison avec les autres, commentaires des autres, rendez-vous, alimentation, exercice, regards des hommes, regards des femmes, période menstruelle, humeur négative, se voir dans un miroir, rencontres sociales, stress, événements bouleversants, autres)
  • Pensées (c’est-à-dire ce que vous vous êtes dit à vous-même à ce moment là)
  • Sentiments

Partagez vos réactions à cette activité dans le groupe de discussion. Par exemple, si vous trouvez difficile de noter vos pensées et vos sentiments, vous voudrez peut-être en parler avec d’autres personnes. N’oubliez pas qu’en continuant à tenir votre journal, vous pourriez en apprendre beaucoup sur vous-même.

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À vous de jouer ! : Écrivez vos réactions dans votre journal personnel

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Écrire une lettre à votre corps

Nous allons maintenant effectuer un exercice qui vous permettra d’explorer votre relation avec votre corps.

Objectif

Cet exercice vous permet de rendre explicites vos pensées sur votre corps. Une fois que ces pensées sont exposées au grand jour, vous pouvez voir si ce que vous vous dites a vraiment un sens.

Suggestions

Certaines personnes ont du mal à réaliser cet exercice. Elles se sentent ridicules en écrivant à une partie de leur corps ou ont peur de ce qu’elles vont dire. Essayez de faire l’exercice sans vous juger. Si vous remarquez que vous êtes critique vis-à-vis de vous-même alors observez ces pensées comme étant de simples pensées.

Procédure

Écrivez une lettre à une partie spécifique de votre corps. Dites à cette partie ce que vous ressentez à son égard, comment elle affecte votre vie et ce que vous attendez d’elle. Ensuite, faites comme ci vous étiez cette partie du corps et écrivez ce que vous pensez qu’elle vous répondrait.

Avant de poursuivre votre lecture, vous pouvez trouver ci-dessous des liens vers des articles ou des vidéos de personnes qui ont écrit une lettre à leur corps, cela pourrait vous inspirer et vous motiver à écrire votre propre lettre à votre corps :

https://www.au-coeur-de-soi.net/2017/11/lettre-a-mon-corps-jacques-salome.html

https://lesresilientes.com/lettre-a-mon-corps/

https://commentjaichangedevie.fr/lettre-a-corps/

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Voici l’exemple de Léa :

Chères cuisses :

Comment pouvez-vous continuer à me faire ça ? Vous êtes si grosses que cela empêche quiconque de m’apprécier. Vous êtes une source d’embarras pour moi. Ma mère avait raison : vous êtes trop grosses. Je vous déteste.  

Chère Léa :

C’est TOI qui nous rends si grosses. C’est toi qui nous maintiens dans cet état. Tu te sers de nous comme d’une excuse pour te protéger d’une nouvelle blessure. Tu ne sais pas que quand tu ne te gaves pas et que tu fais de l’exercice, on devient plus fines ? Je veux dire, nous ne sommes pas si mauvaises, n’est-ce pas ?  Tu ne nous aimes pas parce que tu ne t’aimes pas toi-même !

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Il est maintenant temps d’écrire la lettre à votre corps.

1. Choisissez une partie du corps pour l’exercice.

2. Dites à cette partie du corps ce que vous ressentez à son égard, comment elle affecte votre vie et ce que vous attendez d’elle.

3. Rédigez une réponse comme si vous étiez la partie du corps qui vous répond.

Quand vous vous aimez mieux, vous nous traitez mieux, ainsi que le reste de votre corps, et vous vous sentez mieux, n’est-ce pas ? Essayez de garder cela à l’esprit.

Lorsque vous avez terminé l’exercice, demandez-vous : Êtes-vous surpris ou surprise par ce que vous avez écrit ?

Répétez cet exercice avec différentes parties du corps et remarquez le changement d’humeur et de ton que vous utilisez. Votre « voix » intérieure vous rappelle-t-elle quelqu’un ? Écrivez également comment vous aimeriez changer votre relation avec votre corps !

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À vous de jouer ! : Écrivez une lettre à votre corps

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Troubles du comportement alimentaire : Êtes-vous à risque ?

Il y a de fortes chances que vous ayez entendu parler des troubles du comportement alimentaire, mais vous vous demandez peut-être quels en sont leurs spécificités. Les troubles du comportement alimentaire ne se limitent pas à l’anorexie ou à la boulimie. Il peut s’agir de crises de boulimie, de purges, d’exercices compulsifs, de régimes chroniques, parfois même de régimes sporadiques, malsains ou encore d’une sélection minutieuse d’aliments.

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Les régimes à l’extrême

De nombreuses personnes s’engagent dans des régimes et des exercices compulsifs afin de perdre du poids, maintenir un poids anormalement bas ou au contraire pour prendre du poids. Jusqu’à deux étudiants sur cinq adoptent régulièrement des stratégies de perte de poids inadaptées.      

Les stratégies de perte de poids inadaptées comprennent :

  • Sauter des repas
  • Essayer d’éliminer toutes les sources de glucides (pain, pâtes, riz, pommes de terre, biscuits…)
  • Repousser les repas jusqu’à très tard dans la journée
  • Le jeûne
  • Manger des calories vides comme de la salade ou des sodas light pour créer une sensation de satiété.
  • Utiliser de la nicotine ou des coupe-faim pour masquer la faim. 
  • Faire du sport à outrance

Les stratégies de prise de poids inadaptées comprennent :

  • Manger au dela de sa faim constamment
  • Grignoter toute la journée
  • Ne manger que des aliments très caloriques ou très protéinés
  • Faire du sport à outrance

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Le Binge Eating Disorder (BED) ou l’hyperphagie boulimique

Le BED est l’un des troubles alimentaires les plus courants. La plupart des personnes souffrant de BED sont obèses, mais les personnes de poids normal peuvent également être touchées. Le BED touche 2 % de la population générale adulte. Les personnes souffrant de BED ont souvent :

  • Des épisodes de compulsion alimentaire au cours desquels elles mangent ce que d’autres considéreraient comme une quantité anormalement importante de nourriture (plus de 3 fois une portion « normale » de nourriture). Souvent, ces épisodes se produisent sous forme de « fringales » tout au long de la journée ou de la nuit.
  • Le sentiment de ne pas pouvoir contrôler ce qu’elles mangent ou la quantité qu’elles mangent. Le plus souvent, elles mangent rapidement jusqu’à ce que toute la nourriture soit consommée.
  • Des antécédents de régimes et de problèmes de surpoids ou d’obésité, aujourd’hui et/ou pendant leur enfance.
  • Été taquinées ou critiquées sur leur poids pendant leur enfance.
  • Pas recours aux vomissements volontaires, aux laxatifs ou aux diurétiques, ni à un régime strict ou au jeûne pour contrôler leur poids.

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La boulimie

Bien qu’un étudiant sur cinq et de plus en plus de personnes à un âge plus jeune aient occasionnellement des crises de boulimie et de purge, moins de 5 % d’entre elles développeront le trouble complet de boulimie. Une personne boulimique a généralement les caractéristiques suivantes :

  • Pense qu’avoir un corps idéal lui apportera bonheur et réussite.
  • Se sent secrète et honteuse de son comportement alimentaire.
  • Elle est généralement perfectionniste et pense en termes de « tout ou rien » en matière d’alimentation.
  • Elle a généralement un poids normal.
  • Elle a généralement commencé à suivre un régime à l’adolescence.  

Les habitudes alimentaires d’une personne boulimique comprennent des épisodes de compulsion alimentaire au cours desquels elle se sent hors de contrôle (comme dans le BED). Les crises de boulimie sont suivies d’au moins une des manifestations suivantes :

  • Vomissements auto-induits
  • Utilisation de laxatifs ou de diurétiques
  • Régime alimentaire strict ou jeûne
  • Exercice vigoureux pour éviter de prendre du poids

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L’anorexie

L’anorexie est un trouble assez rare mais grave.  La prévalence varie chez les femmes de 0,9 % à 1,5 %. Entre 5 et 18 % des femmes anorexiques meurent de leur maladie. Chez l’homme, la prévalence est plus faible, elle est autour de 0,25 % à 0,3 %. Une personne souffrant d’anorexie est souvent :    

  • Extrêmement maigre*
  • Pense que son corps est trop gros (dysmorphophobie)
  • Suit des habitudes alimentaires rigides et restrictives**.
  • Nie qu’elle a un problème
  • Fière de sa capacité à contrôler son appétit, sa consommation calorique et son poids.
  • Se préoccupe de son poids et de sa silhouette
  • Pense qu’en contrôlant sa silhouette, elle contrôle aussi sa vie.
  • Cuisine souvent pour les autres mais ne mange pas elle-même.
  • Bonne élève, perfectionniste et orientée vers la réussite. 

* Une personne anorexique a une peur intense de devenir grosse, même si son poids est extrêmement faible. Pour répondre aux critères de poids définis cliniquement pour l’anorexie mentale, un adulte doit avoir un indice de masse corporelle (IMC) inférieur à 18,4 et avoir manqué au moins trois périodes menstruelles consécutives lorsqu’il s’agit d’une femme. Une personne peut souffrir d’un trouble du comportement alimentaire, avoir un poids insuffisant et présenter des complications médicales sans répondre à ces critères précis.  

** Les personnes anorexiques se caractérisent par des habitudes alimentaires rigides et restrictives, avec aussi des crises de boulimie et des purges. Une personne anorexique a également tendance à catégoriser strictement la nourriture comme étant « bonne » ou « mauvaise ». Toute alimentation devient une expérience hautement émotionnelle. Si elle ne mange que de bons aliments et en très faible quantité, elle se sentira « vertueuse » et « pure », mais elle se sentira en échec et coupable si elle mange des aliments qu’elle considère « mauvais » ou « interdits ». Les personnes anorexiques croient qu’avoir un corps idéal leur apportera bonheur et réussite. Elles cachent souvent leurs habitudes alimentaires, sont perfectionnistes et ont généralement commencé à suivre un régime dès l’adolescence.   

Il est courant pour une personne anorexique de :

  • Se peser plusieurs fois par jour.
  • Examiner attentivement son corps dans le miroir, en recherchant de manière obsessionnelle toute trace de graisse ou tout changement de forme

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L’orthorexie

L’orthorexie fait partie des troubles « subcliniques », c’est-à-dire que l’orthoreixe n’a pas le statut de trouble dans les grandes nosographies psychiatriques comme c’est le cas pour le BED, la boulimie ou l’anorexie. L’orthorexie se traduit par une obsession à manger des aliments sains, ou supposés tels par la personne au dépit du goût et du plaisir.

La personne orthorexique :

  • Est focalisée sur sur la valeur nutritionnelle des aliments qu’elle mange (et non pas sur la quantité).
  • Classe les aliments en deux catégories : « purs » ou « impurs ».
  • Passe un temps considérable à préparer ses repas « sains » (pouvant aller jusqu’à plus de 3 heures).
  • Culpabilise si elle ne respecte pas son régime alimentaire.

Il existe un chevauchement entre orthorexie et trouble du comportement alimentaire (en particulier anorexie) du fait des préoccupations alimentaires importantes, des restrictions, des distorsions cognitives, du sentiment de supériorité des pratiques alimentaires, du besoin de contrôle, de la culpabilité si transgression, de la rigidité cognitive, des conséquences sociales et sur la santé. Cependant il existe aussi des symptômes communs aux Troubles Obsessionnels Compulsifs comme les préoccupations envahissantes en lien avec la nourriture, les comportements ritualisés et répétitifs, la présence de règles rigides ainsi que le temps important passé à penser aux obsessions et/ou à réaliser les comportements répétitifs (Goutaudier & Rousseau, 2019).

Vous trouverez ci-dessous les expériences de deux anciens participants.

L’histoire de Marie, étudiante en biologie. Elle est bénévole à l’hôpital et adore la danse.   Marie  :  « Bonjour à tous ! Je suis ravie de vous rencontrer. Je m’appelle Marie et, comme vous, j’apprends à vivre sereinement avec mon corps. Pour moi, « guérir » de mes troubles alimentaires a été un processus d’évolution personnelle remarquable.  J’admets qu’il y a eu des moments où j’ai souhaité agiter une baguette magique et POOF – tout disparaissait. Mais vous savez, la valeur de toute cette lutte réside dans le voyage de la découverte de soi. Mon engagement dans ce voyage parfois terrifiant, parfois exaltant, m’a permis de découvrir que la légèreté du cœur, la connexion et l’amour me mèneront à la plénitude beaucoup plus rapidement qu’un désir de minceur et de contrôle obsessionnel. La vie est trop courte pour ne pas être bien la plupart du temps. Ce n’est pas toujours facile, mais je poursuis le processus de guérison en partageant ce que j’apprends au fur et à mesure. »

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L’histoire de Paul. Paul a développé une boulimie lors de sa Licence 1. Après avoir lutté pendant des années contre son trouble alimentaire Paul a développé une relation plus « saine » avec son corps et avec l’alimentation. Paul a été actif sur le campus et dans la communauté locale pour sensibiliser les étudiants aux dangers des troubles du comportement alimentaires.  Paul« J’aime le plein air et les sports d’équipe, en particulier le football. J’ai beaucoup appris sur moi-même depuis que je me suis remis de ma boulimie et de mon exercice compulsif. Ma nouvelle philosophie de vie est que si j’ai la moindre envie de faire quelque chose, je le fais. Je ne veux pas regarder en arrière avec le regret de ne pas avoir essayé quelque chose simplement parce que je ne le connaissais pas ou que j’avais peur d’échouer. »

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Vous êtes-vous déjà demandé si vous étiez à risque de souffrir d’un trouble du comportement alimentaire ? Si oui, vous n’êtes pas seul. Vous ne souffrez peut-être pas d’un véritable trouble du comportement alimentaire, mais il est possible que vous ayez des attitudes inadaptées à l’égard de votre alimentation et de votre corps. Bien qu’il soit impossible de prédire exactement qui développera un trouble du comportement alimentaire, l’auto-questionnaire suivant vous donnera une idée si vos pensées et vos comportements peuvent vous mettre à risque.

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Voici le lien pour répondre au questionnaire : https://parisouestpsy.eu.qualtrics.com/jfe/form/SV_eyetdw5iVwUJg5U

Lecture

La lecture de cette session correspond à l’article suivant :

Pour correspondre aux canons de beauté, ces femmes sont parfois incitées à mettre leur santé en danger.

L’idéal du corps mince et lisse que nous connaissons en Occident ne fait pas l’unanimité partout. En Mauritanie, c’est même tout l’inverse : pour être belle, il faut être grosse. Exit les régimes hypocaloriques, les heures passées à la salle, les crèmes amincissantes et les tisanes détox : pour correspondre aux canons de beauté, certaines Mauresques se gavent de bouillie jusqu’à en vomir, ingurgitent des produits naturels grossissants et avalent des médicaments et pilules destinées au bétail.

Une pratique ancestrale et dangereuse que la photographe Carmen Abd Ali met en lumière dans sa série Mbelha, un terme en hassaniya (un dialecte arabe) qui désigne l’état des femmes grosses et donc prêtes à marier, après avoir été gavées.

« Ici, si tu n’es pas au moins enrobée, ça veut dire que tu n’es pas encore une femme »

Vivant entre la France et le Sénégal, Carmen Abd Ali a découvert la tradition du gavage des femmes en 2018, lors de son premier voyage en Mauritanie. « D’après ce que je comprenais, c’était une pratique ancienne et presque révolue. Pourtant, les femmes que je croisais étaient toutes enrobées selon les standards européens, et ce peu importe leur âge », raconte-t-elle.

En s’entretenant avec des Mauresques, la photographe découvre alors que le gavage existe toujours, et que de nombreuses jeunes femmes continuent de sacrifier leur santé sur l’autel de la beauté. « Quand tu es grosse, on dit que tu prends soin de toi. À 20 ans, ici, si tu n’es pas au moins enrobée, ça veut dire que tu n’es pas encore une femme, que tu n’es pas responsable, adulte, que tu ne peux pas te marier, avoir des enfants ou t’installe », exprime l’une des jeunes femmes interrogées par Carmen Abd Ali.

Pour correspondre aux normes locales et afficher rondeurs et bourrelets, une technique ancestrale et traditionnelle consiste à gaver les jeunes femmes pas encore mariées, de force et parfois sous la torture, d’un mélange de lait, de bouillie et de poudre de mil. 

« Le gavage traditionnel existe toujours mais il est beaucoup plus officieux, on le pratique dans l’intimité des maisons », détaille Carmen Abd Ali. « On m’obligeait à boire des litres de lait de chamelle, avec du couscous et du riz, 24 heures sur 24. Quand je vomissais, on me faisait boire mon vomi », confie une autre femme photographiée.

Médicaments, pilules anti-satiété et huiles grossissantes

À travers les témoignages de femmes âgées de 20 à 30 ans, Carmen Abd Ali porte une attention particulière aux techniques de gavage mises en place par les jeunes générations. Toujours désireuses de correspondre aux canons de beauté locaux, certaines mangent continuellement au cours de la journée, ingurgitent du « Dardak » (un comprimé « miracle » initialement destiné aux bovins), du Pernabol (un sirop antihistaminique réputé pour faire prendre du poids), des médicaments censés augmenter la sensation de faim et des huiles « grossissantes »…

Autant de produits aux répercussions et effets secondaires importants, avalés dans l’objectif d’afficher des formes généreuses, ou encore de remplir pleinement un bracelet de cheville au large diamètre permettant de déterminer si une femme est prête à être mariée ou non.

Entre témoignages intimes et images aux couleurs vives, parfois violentes, la photographe met en lumière la pression écrasante des normes sur la santé physique et psychologique des jeunes Mauresques. Mais dénonce aussi, de façon plus générale, le poids de la société et des idéaux de beauté sur le corps des femmes, partout à travers le monde.

Un message important que l’on peut tirer de cet article est qu’il n’y a pas un type de corps qui soit meilleur qu’un autre. Ce qui est très désirable dans une partie du monde peut ne pas l’être dans une autre. Au lieu d’être contrôlé par ces tendances, que nous n’avons pas le pouvoir de définir, il est important de se satisfaire et d’être heureux de son apparence naturelle.

Voici quelques questions qui vous aideront à réfléchir à certains de ces problèmes.

  • Comment réagissez-vous à cet article sur le gavage des femmes mauritiennes et leur potentiel mécontentement de leur corps trop « mince » ?
  • Ressentez-vous plus ou moins de sympathie pour elles que pour quelqu’un qui est gêné parce qu’il a l’impression d’être en surpoids ?
  • Le fait que la minceur ne soit pas un idéal culturel universel devrait-il contribuer à atténuer la pression que notre propre société exerce sur les hommes et les femmes ?

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À vous de jouer ! : Notez vos réflexions sur ces questions dans votre journal personnel

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C’est fait ! Vous avez atteint la fin de la session 2. Nous espérons qu’elle vous a été utile ! Nous vous donnons rendez-vous dans quelques jours pour la session 3 !

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Dites-nous ce que vous avez pensé de la session en commentaires !

2 réflexions au sujet de « SESSION 2 (Groupe M) »

  1. Encore une fois une session très instructive. J’ai beau savoir la plupart des informations ci dessus, je reste très négative envers l’image que j’ai de moi et l’histoire d’Anne dans cette session me parle beaucoup !
    L’article est également frappant. Le fait de grossir à tout prix pour être considéré comme « femmes » parait impossible dans nos sociétés. Les diktats de la beauté sont différents d’en endroit à un autre mais nous enferme dans des règles que nous ne voulons pas. Nous sommes ici pour nous en libérer !

  2. Une seconde session extrêmement intéressante avec, de mon côté, un intérêt important pour les exercices très pertinents en première partie. Je les trouve particulièrement utiles afin de réaliser une introspection rapide. Les exemples sont en plus très parlants! Les images de début et l’article de fin sont aussi intéressants pour réinterroger les diktats de la beauté et nos propres critères de beauté, j’aurais bien voulu encore plus de questions guides pour prolonger ma réflexion.

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